Notre journaliste a crapahuté à 1 720 mètres, en pleine tempête de neige, dans les pas des gardes de la réserve naturelle de la haute chaîne du Jura qui protègent le coq de bruyère. Avec 278 spécimens dans ce massif, l’espèce est en voie de disparition, menacée par l’homme et le réchauffement climatique.
Les nuages enveloppent le paysage. Et la neige tombe dru sur le Jura en cette mi-février, à mesure que l’on grimpe, crampons arrimés aux chaussures de randonnée. Direction le sommet de la chaîne montagneuse, qui culmine à 1 720 mètres. Pour ne pas s’enfoncer, il faut veiller à mettre ses pas dans ceux, cadencés, de nos guides. Quelle que soit la météo, Tony Cargnelutti et Martin Daviot arpentent ces versants parfois abrupts. Les deux trentenaires sont gardes techniciens de la réserve naturelle nationale de la haute chaîne du Jura. Sur la poitrine de leur uniforme gris, siglé «police de l’environnement», la plaque tricolore est surmontée d’un écusson brodé de l’emblème de cet espace protégé de 11 000 hectares : le grand tétras. En trois heures de progression dans le blizzard, on n’en apercevra pas l’ombre d’une plume. Sur ce territoire, le volatile est classé «en danger critique d’extinction»...
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